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APPEL DE BERNARD KOUCHNER
Paris, le 26 octobre 2001 Chère Madame, Cher Monsieur, Les évènements en cours aux Etats-Unis, et particulièrement l'apparition d'une menace biologique me conduisent à m'adresser directement à vous. Le Gouvernement a annoncé récemment la mise en oeuvre du plan BIOTOX et j'en ai présenté les grandes lignes. Ce plan prévoit une organisation particulière des services publics de santé. Il repose sur le renforcement de notre système de surveillance et de détection, sous l'égide de l'institut de veille sanitaire, ainsi que sur la mobilisation de moyens de prise en charge des personnes exposées ou contaminées. Ce dispositif ne trouvera sa pleine efficacité qu'avec la participation de chacun d'entre vous. D'abord parce que vous êtes acteur des systèmes de vigilance sanitaire dans notre pays. Ensuite, parce que c'est naturellement vers vous que se tournent nos concitoyens pour être informés et rassurés. Pourtant vous le savez -et je suis le premier à le regretter- nous ne disposons pas à ce jour de moyens permettant une information immédiate et prioritaire des professionnels de santé hors des médias nationaux qui, d'ailleurs ont été utilisés. Dans ce contexte et pour faire face à cette situation exceptionnelle, le ministère de la Santé s'attache à organiser une communication privilégiée à votre intention. Un numéro vert (0800 240 250) exclusivement destiné à votre information a ainsi été mis en place. Les sites Internet du ministère (http://www.sante.fr) et de l'AFSSAPS (http://afssaps.sante.fr) vous fournissent en ligne les informations utiles sur les principaux agents biologiques susceptibles d'être utilisés, sur les signes cliniques d'une infection par ces agents, sur la conduite à tenir à la réception d'un courrier suspect, sur les traitements prophylactiques pour les personnes exposées et curatifs pour les personnes atteintes. Enfin, j'ai réuni les ordres professionnels ainsi que l'ensemble de vos organisations syndicales représentatives pour leur demander de prêter leur concours à cette information et les associer aux travaux que nous conduisons. Je termine en vous indiquant que, depuis l'apparition des premiers cas de charbon aux Etats-Unis, les actes d'incivisme ou de malveillance se sont multipliés dans notre pays. Nous avons connu près de 2000 alertes depuis le 14 octobre. Aucune des analyses effectuées à ce jour dans notre pays ne met fort heureusement en évidence de Bacillus anthracis. Toutefois ces alertes suscitent l'inquiétude de nos concitoyens et provoquent des demandes de traitement de précaution. Je vous demande de les rassurer et de leur rappeler que non seulement cette démarche est injustifiée mais qu'elle pourrait nous priver de produits pouvant s'avérer irremplaçables. Je vous invite à recommander aux personnes exposées à des poudres suspectes, qui pourraient s'adresser à vous, de contacter aussitôt les services de pompiers, de police ou de gendarmerie (le 17 ou le 18). Dans les circonstances actuelles, chacun de nous doit, plus que jamais, savoir faire preuve de sang-froid et de responsabilité. Je sais pouvoir compter sur vous. Je vous prie d'agréer, Chère Madame, Cher Monsieur, l'assurance de mes sentiments les meilleurs. B. Kouchner Ministre délégué à la Santé |